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Assister un étranger en situation irrégulière en garde à vue ? C’est jongler avec une double casquette : pénale et administrative. Le tout, en 30 minutes, interprète parfois inclus. Une vraie course contre la montre.
Le risque majeur ? Une OQTF juste après la GAV, fondée sur l’absence de titre de séjour, voire une prétendue menace à l’ordre public… même si l’affaire pénale est classée sans suite.
Comment optimiser cet entretien crucial ?
1. Gérez le temps
Soyez direct. Annoncez d’emblée les 30 minutes et l’impératif d’efficacité. Chaque seconde compte.
2. Structurez l’entretien
- Partie pénale (~15-20 min) : Conseillez sur la stratégie d’audition (parler ou se taire sur les faits), exposez les voies pénales envisageables.
- Partie administrative (reste du temps) : Même en gardant le silence sur les faits, le client doit détailler sa situation personnelle, professionnelle et médicale lors de l’audition « ILE » (Infraction à la Législation des Étrangers).
- Vigilance : Certains OPJ brouillent les lignes entre audition « faits » et audition « ILE ». N’hésitez pas à intervenir pour clarifier le cadre et rappeler le droit au silence si besoin.
3. Anticipez l’OQTF
Creusez la situation du client (attaches en France, famille, travail, santé…).
- Pourquoi ? Pour armer une future contestation de l’OQTF pour défaut d’examen si le Préfet ignore ces éléments — pourtant présents au PV.
- Comment ? Le client les intègre à ses réponses, vous posez des questions en fin d’audition ILE, ou vous rédigez des observations annexées.
4. Préparez l’après-GAV
Évoquez clairement la possibilité d’OQTF et de placement en CRA. Questions clés : passeport ? logement stable ? Donnez les délais de recours et glissez-lui des contacts utiles (avocats, associations) qu’il retrouvera à sa sortie.
Assurer cette double défense en GAV est un défi constant.
